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Les bibliothèques dans le processus politique: avantages et risques de la visibilité politique

La Bpi ayant un positionnement politique fort de promotion de la culture pour tous, j’ai été particulièrement interpellée par la session Libraries in the political process. Les différentes interventions ont interrogé le positionnement politique des bibliothèques, réel ou imaginé par les lecteurs et surtout les non-lecteurs sous différents régimes politiques.

Ainsi, selon Peter Lor, en Afrique du Sud, mais aussi en France, de nombreuses bibliothèques sont vandalisées, par exemple à Villiers-le-Bel en 2007, sans que cela fasse l’objet d’une couverture médiatique, parce qu’elles représentent d’une part un service public issu d’un pouvoir contesté, et d’autre part une culture du livre, majoritairement blanche et bourgeoise, dans laquelle beaucoup de citoyens ne se retrouvent pas. Ce vandalisme est-il le signe d’un problème de positionnement des bibliothèques ? Les bibliothécaires ne se cachent-ils pas derrière une neutralité qui est intenable, alors qu’ils devraient être engagés dans un processus beaucoup plus radical de culture pour tous ? 

Dans le contexte des sociétés néolibérales, les bibliothèques ont un rôle politique à jouer. En effet, selon Tim Huzar, le néolibéralisme réduit l'homme à un rôle d'homo economicus, toutes ses activités doivent avoir une utilité. Or, la bibliothèque est un des lieux où le citoyen peut s’émanciper de cet impératif, qu’il soit cadre supérieur ou SDF, il est admis de la même façon, a accès aux mêmes services. Le fait que les collections et les services ne s’adressent pas en particulier à telle ou telle classe sociale est en soi émancipateur : c’est l’universalité de la bibliothèque qui suspend la logique comptable néolibérale.
Bernadette Vincent
(Bibliothèque publique d'information)
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