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La Bibliothèque des sciences et de l'industrie (BSI) s'organise face au Covid-19

Marion Serre, cheffe du département Ressources documentaires, et Olivier Roumieux, chef du service Bibliothèque numérique, nous exposent comment la Bibliothèque des sciences et de l'industrie (BSI) s'organise durant le confinement.
Photographie de l'intérieur de la bibliothèque avec l'escalier qui dessert les différents étages
© Universcience

Pouvez-vous nous décrire la structure dans laquelle vous travaillez ?

Notre bibliothèque est située au cœur de la Cité des sciences et de l’industrie dans le nord-est parisien. Nous sommes ouverts à tous gratuitement et naturellement spécialisés dans les domaines scientifiques et technologiques. Habituellement ouverts du mardi au dimanche, nous accueillons plus de 500 000 visiteurs par an, carrefour numérique inclus. Par ailleurs nous sommes engagés dans un projet de rénovation complète de la bibliothèque.
Nous sommes une équipe de 105 personnes à la bibliothèque.

Actuellement, quelles sont les urgences organisationnelles et humaines auxquelles vous devez répondre ? Si du télétravail est mis en place, cela pose-t-il des difficultés ? Quelles sont les autres complexités auxquelles vous devez faire face ?

Le site est fermé et toutes les équipes sont à domicile (à l’exception du personnel de sécurité et de l’entretien du vivant car il y a un aquarium à la Cité des Sciences et des animaux au Palais de la Découverte). Pour la bibliothèque, la très grande majorité de l’équipe télétravaille. Quelques collègues n’ont pas d’activité télétravaillable (rangement des collections, plastification) et sont en dispense rémunérée d’activité.

A Universcience, le télétravail a été expérimenté pendant plusieurs mois, avant d’être officialisé pour une partie volontaire du personnel au début de cette année. Une part de l’équipe était donc déjà équipée pour télétravailler au moment du confinement. Pour les autres, certains ont pu être équipés en urgence, d’autres travaillent avec leur matériel personnel. Nous avons beaucoup d’outils à notre disposition, parmi lesquels des comptes pour des conférences téléphoniques ou des visio-conférences (Zoom, Skype) et un intranet accessible à distance… nous inventons des manières inédites d’échanger et de travailler ! Ainsi, dans l’équipe d’Olivier, les réunions quotidiennes se tiennent sous forme de chats textuels, grâce à l’outil libre Framateam. Le choix du média texte peut étonner, dans cette époque de profusion de la vidéo, mais il permet de ramener tous les participants au même niveau, quelle que soit sa configuration technique ou son rapport à l’image. Et le temps de l’écriture permet peut-être paradoxalement… une meilleure écoute réciproque !

Quelle communication avez-vous adopté pour le public et quels services proposez-vous actuellement ? Quels aménagements ont été nécessaires ?

Nous avons bien sûr communiqué sur la fermeture de l’équipement, le prolongement automatique des prêts en cours et très rapidement travaillé à construire une offre spécifique durant le confinement : depuis le 8 avril nos ressources en ligne (ebooks, plateformes d’apprentissage en ligne…) sont accessibles gratuitement, nous avons rapidement passé une nouvelle commande de livres numériques et réorganisé notre site en ligne pour faciliter l’accès aux contenus. Nous avons construit un programme quotidien de valorisation des ressources autour de 3 axes :
  • s’occuper en se cultivant,
  • occuper intelligemment ses enfants avec des activités quotidiennes (« 1 jour, 1 activité » consultées près de 30 000 fois chaque semaine),
  • assurer une certaine continuité pédagogique pour les enfants et adolescents.
Nous avons intensifié aussi notre présence sur les réseaux sociaux via notre compte twitter (et la reprise de nos contenus par les autres comptes de la Cité des Sciences).

La Cité des métiers propose quant à elle depuis le 3 avril des conseils individualisés à distance par mail, une sélection de sites de référence et des ateliers en visio.

Nos offres en ligne sont mutualisées avec les autres offres d’Universcience (les conférences, le Blob…) et s’articulent ainsi avec de nouveaux formats (exposition en ligne sur le Coronavirus, réponse aux questions des enfants chaque vendredi...) un tout cohérent autour du programme #lascienceestlà.
Dans le contexte de pandémie actuelle, nous voyons l’importance de notre expertise particulière dans le domaine scientifique et actualisons les informations à travers notre page web de la Cité de la santé.

Avez-vous un conseil à partager avec les collègues bibliothécaires en ces temps particuliers ?

La première chose sans doute est d’être attentif les uns aux autres, aux situations personnelles, aux difficultés éventuelles. Il faut savoir maintenir l’activité, créer de nouvelles offres mais tout ne peut pas être fait normalement et il faut aussi savoir adapter les missions, les offres, les charges de travail des uns et des autres.
Il faut aussi voir le positif de la situation : nous inventons des nouvelles manières de travailler, il y a des échanges, de l’entraide, de la transversalité et beaucoup d’innovation et de réactivité. Tout cela constitue une richesse que nous devrons développer quand nous pourrons rouvrir l’équipement et retrouver le public.
 
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