Appartient au dossier : Le Prix du public Les yeux doc 2027
Prix du public Les yeux doc 2027 : découvrez les 6 films présélectionnés !
Pour sa 7e édition, le Prix du public Les yeux doc soumet aux bibliothécaires six films sur des communautés familiales, amicales, sociales et politiques, qu’elles soient vertueuses ou délétères pour celles et ceux qui les composent.. Les professionnel·les participant·es ont jusqu’à mi-décembre 2026 pour sélectionner leurs trois films préférés, qui seront valorisés et diffusés du 6 au 27 mars 2027 dans leur bibliothèque. Parmi eux, le public votera pour son favori ! Découvrez les six films, et quelques pistes de réflexion pour accompagner les projections.
Les six films sont disponibles sur Les yeux doc, plateforme de films documentaires à destination des bibliothèques françaises. Ils ont été sélectionnés par le service Cinéma de la Bpi et via des suggestions des bibliothèques abonnées au service, en prenant soin de valoriser une diversité de formes et de sujets, de tons et de cinéastes, pour encourager la découverte du cinéma documentaire de création en bibliothèque.

Découvrir les 6 films
Cliquez sur le lien pour en savoir plus sur chaque film.
- Eredità, de Jean Luc Cesco.
- Knit’s Island, l’île sans fin, de d’Ekiem Barbier, Guilhem Causse et Quentin L’Helgoualc’h.
- Les Oubliés de la Belle Étoile, de Clémence Davigo.
- Maman déchire, d’Émilie Brisavoine.
- Sauve qui peut, d’Alexe Poulkine.
- Un village en résistance (Un paese di resistenza), de Shu Aiello et Catherine Catella.
Eredità, de Jean Luc Cesco, 2023, 61’
Disponible avec des sous-titres SME.
Jean Luc est le voisin de Muguette. Il habite dans l’appartement où vivait le père de cette dernière, et ressent sa présence… Cette invocation spirituelle lui permet de nouer une relation d’amitié avec la vieille dame et de brosser son portrait. Esprit fantasque et clairvoyant, accumulatrice compulsive, Muguette décline doucement sous le regard affectueux et avec le soutien de son voisin. Leurs échanges drôles, directs et intimes construisent un film sensible et doux, qui traverse les questions de l’héritage, du lien, de la vieillesse et du deuil.
De quoi ça parle ?
La démarche du cinéaste : Eredità est filmé sur plus de cinq ans. L’évolution de l’aspect des protagonistes, mais aussi du matériel, du ratio et de la qualité de l’image met en scène le temps qui passe, résonnant avec les notions de vieillesse, de deuil et de filiation. C’est un film de la relation : Jean Luc Cesco se filme lui-même et assume une caméra subjective en discutant avec Muguette tout en la filmant. Ce dispositif indique que le film n’est pas seulement un portrait de Muguette : c’est à travers sa relation avec Jean Luc que se dévoilent sa situation et les sujets que le cinéaste souhaite évoquer.
Sur le fond
Amitié
Fin de vie
Syndrome de Diogène (syllogomanie)
Vieillesse
Vie urbaine
Voisinage
Sur la forme
Documentaire autobiographique
Documentaire de la relation
Portrait documentaire d’une personne
Humour documentaire
Aborder le film avec des jeunes – dès le collège
Qu’avez-vous retenu de la vie et de la personnalité de Muguette ?
Connaissiez-vous le syndrome de Diogène, ou syllogomanie ? Comment le définiriez-vous ?
Quels indices permettent d’affirmer que le film est réalisé sur plusieurs années ?
Knit’s Island, l’île sans fin, d’Ekiem Barbier, Guilhem Causse et Quentin L’Helgoualc’h, 2024, 94’
963 heures : c’est le temps passé par Ekiem Barbier, Guilhem Causse et Quentin L’Helgoualc’h dans le jeu de rôles en ligne DayZ, vaste monde post-apocalyptique ouvert, où la seule règle est de survivre. Entre exploration des possibilités visuelles offertes par le jeu et rencontres virtuelles avec des communautés de joueur·ses plus ou moins pacifiques, la déambulation prend l’allure d’une méditation métaphysique. Au fil d’une traversée apaisante, mais vertigineuse, Knit’s Island aborde notre besoin viscéral d’imaginaire et de sociabilité, les limites et les porosités entre jeu et réalité, la beauté et les aberrations de ce monde si proche du nôtre.
De quoi ça parle ?
La démarche des cinéastes : Knit’s Island s’appuie sur un dispositif documentaire classique : une équipe de tournage part à la rencontre de communautés pour comprendre leurs aspirations et leur mode de vie. Ce parti-pris offre une structure narrative indispensable pour expérimenter, en contrepoint, l’étrangeté de la proposition. Les autres repères sont brouillés. La beauté des décors donne au film des airs de fiction. La temporalité spécifique à l’exécution des actions et aux conversations dans le jeu déréalise les scènes. Le contraste entre les images oniriques et les voix incarné·es des joueur·ses, autant que la discordance entre l’univers post-apocalyptique et la démarche documentaire des cinéastes, ouvrent un espace de réflexion sur le dispositif ludique et sur notre expérience de spectateur·rices.
Sur le fond
Confinement
Internet
Loisirs
Jeux vidéo
Numérique
Survivalisme
Tourisme
Sur la forme
Machinima documentaire
Documentaire co-construit
Documentaire de la relation
Documentaire performatif
Portrait documentaire d’un lieu
Pour aller plus loin
Consulter le dossier de presse
Aborder le film avec des jeunes – dès le lycée
Que viennent chercher comme expérience les joueur·ses rencontré·es par les cinéastes dans DayZ ?
Quelles caractéristiques du film lui donnent une dimension onirique ? Lesquelles le rattachent au monde réel ?
À votre avis, quelles règles du jeu (alimentation, température, distances…) et quelles contraintes de jouabilité l’équipe a-t-elle du gérer pour mener à bien le tournage ?
Les Oubliés de la Belle Étoile, de Clémence Davigo, 2023, 106’
André, Michel et Daniel se réunissent près de Mercury, en Savoie, où ils ont été placés dans les années soixante au centre catholique de redressement de la Belle Étoile. Petit à petit, leurs échanges font émerger les violences qu’ils y ont subies au quotidien, et les traces qu’elles ont laissées. Avec d’autres, ils se confient à la cellule d’écoute du diocèse, espérant réparation. Derrière la parole fragile de ces hommes, transparaissent des enfants brisés et perdus dont jamais la souffrance n’a été entendue, mais aussi un collectif qui cherche à briser le silence.
De quoi ça parle ?
La démarche de la cinéaste : Clémence Davigo recueille patiemment la parole, mais aussi les silences. Elle laisse le temps aux souvenirs des protagonistes d’émerger et d’être formulés sans contrainte. Ces silences nous permettent d’appréhender la gravité des faits, et de réfléchir au système qui a permis ces agissements. Les témoignages sont délivrés dans le cadre de discussions entre les protagonistes, leur offrant les uns aux autres l’écoute et le soutien nécessaire pour briser l’isolement et atténuer la douleur. Les plans serrés sur les visages laissent transparaître l’émotion et la fragilité des personnages. L’alternance entre retours sur l’enfance et autres récits de vie suggère comment chacun a cherché, tout au long de sa vie, à survivre et à se reconstruire.
Sur le fond
Enfance
Justice
Religion
Violence
Sur la forme
Documentaire d’entretiens
Documentaire d’observation
Portrait documentaire
Pour aller plus loin
Consulter le dossier de presse
Aborder le film avec des jeunes – dès le lycée
Comment l’évêque répond-il aux protagonistes ? Pourquoi sa réaction ne les satisfait-elle pas ?
Pourquoi la réalisatrice filme-t-elle de nombreux silences ?
Pourquoi la réalisatrice choisit-elle de filmer les témoignages comme s’il s’agissait de discussions entre les protagonistes, plutôt que lors d’entretiens face à la caméra ?
Maman déchire, d’Émilie Brisavoine, 2023, 80’
Disponible avec des sous-titres SME.
Alors qu’elle est elle-même devenue maman, Émilie Brisavoine cherche à percer le mystère que constitue, à ses yeux, sa propre mère. Son attitude de grand-mère aimante contraste en effet avec les souvenirs douloureux de la cinéaste. C’est le début d’une introspection familiale fantaisiste et poignante, qui brosse le portrait d’un personnage exubérant, fantasque, maltraitant, et rongé par ses propres démons.
De quoi ça parle ?
La démarche de la cinéaste : Émilie Brisavoine cherche à briser le cycle des souffrances familiales grâce au film en train de se faire. Ce projet, énoncé clairement en début de film, se développe à l’insu de sa mère, pourtant filmée régulièrement. Le film interroge ainsi le pacte de confiance conclu entre un·e cinéaste et ses protagonistes. La réalisatrice utilise également la dimension performative du film documentaire, qui permet à l’introspection familiale de se développer. En tant que spectateur·rices, nous sommes assimilé·es à une figure de psychanalyste, auquel le film s’adresse et sans qui l’analyse n’est pas opérante.
Sur le fond
Famille
Psychanalyse
Traumatisme
Parents et enfants
Maternité
Sur la forme
Documentaire autobiographique
Documentaire de la relation
Documentaire performatif
Documentaire de films de famille
Humour documentaire
Pour aller plus loin
Consulter le dossier de presse
Aborder le film avec des jeunes – dès le lycée
Que reproche la cinéaste à sa mère ?
Que comprend-elle, in fine, de l’attitude de sa mère ?
Selon vous, pourquoi la cinéaste décide-t-elle d’exorciser sa colère et d’explorer ces problématiques familiales par le biais d’un film ?
Sauve qui peut, d’Alexe Poukine, 2023, 98’
À l’hôpital, soigner passe avant tout par les gestes techniques et la médication, souvent au détriment de la relation aux patient·es. Alexe Poukine filme des jeux de rôles destinées à enseigner aux étudiant·es la juste attitude envers les malades, mais aussi à objectiver ce que le métier fait à celles et ceux qui le pratiquent. L’enchaînement des mises en situation interroge le sens des missions hospitalières, la place accordée aux patient·es par les soignant·es et l’institution, ainsi que la souffrance au travail des professionnel·les, et explore des leviers d’actions individuels et collectifs.
De quoi ça parle ?
La démarche de la cinéaste : Sauve qui peut n’est constitué que de simulations, pourtant frappantes de vérité. Ces espaces d’expérimentation et de libération de la parole, hors de l’urgence des gardes, nous plongent profondément dans les questionnements et le quotidien du personnel médical. L’accumulation de ces séquences de serious games met notre pensée en mouvement, en présentant à la fois des problématiques individuelles et systémiques. L’humain reste le point d’ancrage de la réflexion, grâce aux cadres serrés sur les visages des protagonistes. Le sujet de Sauve qui peut, autant que ces choix de narration et de mise en scène, bousculent la notion de vérité documentaire.
Sur le fond
Hôpital
Maladies
Médecine
Patient·es
Personnel soignant
Théâtre
Travail
Sur la forme
Documentaire d’observation
Pour aller plus loin
Consulter le dossier de presse
Aborder le film avec des jeunes – dès le lycée
Pourquoi les étudiant·es s’entraînent-iels à dialoguer avec les patient·es ?
Pourquoi les professionnel·les de la santé rejouent-iels, durant un atelier théâtral, des moments vécus au travail ?
Ce film est-il un documentaire, alors qu’il ne montre que des scènes de théâtre ?
Un village en résistance (Un paese di resistenza), de Shu Aiello et Catherine Catella, 2023, 75′
Disponible avec des sous-titres SME.
Pendant vingt ans, grâce à la coordination du maire Domenico Lucano et à l’implication des habitant·es, le petit village italien de Riace accueille des personnes migrantes. Des maisons vides sont occupées, les commerces revivent, une crèche est ouverte… Mais un jour, le maire est arrêté et les exilé·es déplacé·es en centre de rétention. C’est le début d’un long feuilleton judiciaire. Sous des dehors de faux reportage non dénué d’humour, Shu Aiello et Catherine Catella dénoncent l’instrumentalisation politique de la justice, démontrent la puissance du collectif et réalisent un émouvant plaidoyer pour le vivre-ensemble.
Voir le film sur Les yeux doc (dès le 26 août)
De quoi ça parle ?
La démarche des cinéastes : Un village en résistance est la suite d’Un paese di Calabria, qui racontait l’arrivée de personnes migrantes à Riace et la manière dont cela avait dynamisé le village. Ce deuxième volet prend la forme d’une fausse chronique judiciaire. L’enchaînement des rebondissements et l’intervention régulière du narrateur structurent et dynamisent l’histoire. Le ton journalistique donne au récit les atours de l’objectivité, pour mieux mettre en évidence l’instrumentalisation de la justice par l’extrême-droite italienne. Ce pastiche moque également le traitement médiatique de l’affaire judiciaire, en évacuant tout sensationnalisme et en postulant que l’hospitalité et la fraternité ne peuvent qu’être la base d’une société démocratique et fonctionnelle.
Sur le fond
Exil
Entraide
Politique
Justice
Migrations
Sur la forme
Humour documentaire
Documentaire basé sur le commentaire
Portrait documentaire
Documentaire didactique
Pour aller plus loin
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Aborder le film avec des jeunes – dès le lycée
Quels faits sont reprochés à Mimmo ? Comment s’en défend-il ?
Comment le film dresse-t-il un parallèle entre les accusations envers Mimmo et la présence de l’extrême-droite au pouvoir ?
Pourquoi un narrateur intervient-il régulièrement dans le film ? En quoi ce film constitue-t-il un pastiche ?
Publié le 30/07/2026 - CC BY-SA 4.0