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​Patricia Prada, bibliothécaire et formatrice argentine

Venue de Buenos Aires, Patricia a bénéficié d’un stage "Résidence culture" pour découvrir comment les bibliothèques françaises travaillent sur la question du genre.
Peux-tu présenter ta bibliothèque et ton rôle au sein de ta structure ?

Jusqu’en septembre dernier, je travaillais dans la bibliothèque spécialisée en linguistique française, au sein d’une école normale, qui forme professeurs de langue et traducteurs. Avant cela, je travaillais à la coordination des bibliothèques de l’université de Buenos Aires, qui rassemble près de 400 000 étudiants. J’ai également été responsable de la formation pour le personnel des bibliothèques, au sein du rectorat de l’université. J’ai une longue expérience en tant que bibliothécaire et formatrice. Récemment, j’ai rejoint une chaire dédiée à la bibliothécologie sociale. Notre directeur nous a demandé de réfléchir aux sujets qui nous paraissent importants pour penser les bibliothèques de demain. J’ai été sensible à la montée en puissance des sujets liés au féminisme et, plus largement, au genre.

Quels étaient le contenu et les objectifs de ton stage ?

Dans ce cadre, je me suis saisie de cette question du genre, que je souhaite explorer. Les bibliothécaires ont à s’emparer de ce sujet, alors même que jeunes et moins jeunes se posent la question de l’identité. Sans compter qu’en Argentine, dès 2015, s’est développé le mouvement féministe NiUnaMenos (Pas une de moins). J’ai alors commencé à observer ce qui était relayé via Twitter et j’ai produit un exposé que nous avons présenté lors d’une réunion nationale de bibliothécaires. Puis, nous avons observé ce qui se passait ailleurs et avons commencé à produire des documents sur le sujet. Quand j’ai découvert les Résidences culture, j’ai construit un projet sur la question du genre, mon objectif étant de mieux connaître ce qui se passait dans les bibliothèques françaises. Je suis donc allée à Strasbourg découvrir le réseau local de bibliothèques, notamment la bibliothèque Olympe de Gouges, qui a un fonds dédié aux femmes. J’ai également visité les bibliothèques de quartiers, la bibliothèque universitaire et eu l’occasion de participer à des ateliers professionnels.

Que retiendras-tu de cette expérience ?

Au fur et à mesure du stage, j’ai échangé à distance avec mes collègues. Il nous semble qu’il serait pertinent de proposer des formations sur le genre aux bibliothécaires, par exemple pour mieux accueillir les personnes en transition, qu’il s’agisse de nos collègues ou du public. Par ailleurs, le stage va nourrir mes réflexions en cours : en effet, je commence une thèse de doctorat. Je rassemble des informations sur une bibliothèque méconnue à Buenos Aires, dont le projet a été initié par une écrivaine argentine et qui propose un fonds dédié aux femmes.

Patricia a souhaité évoquer la bibliothèque française dans laquelle elle a longtemps travaillé et le réseau des bibliothèques de l’université de Buenos Aires :
 

Bibliothèque française, Instituto de Enseñanza Superior en Lenguas Juan R. Fernandez
  • Deux responsables
  • Environ 1000 visiteurs par an
  • Sa particularité : spécialisée en pédagogie et linguistique
  • Site 
  • Catalogue
Réseau des bibliothèques de l’université de Buenos Aires
  • Rassemble plus de 40 bibliothèques d’instituts, de laboratoires, de départements…
  • 10 salariés travaillent à la coordination du réseau
  • Plus de 1 200 000 visiteurs par an
  • www.sisbi.uba.ar
 
Portrait de Patricia
©Bpi
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