Appartient au dossier : Congrès de l’IFLA 2025

Là où générosité fait loi : les Nouveaux Professionnels de l’IFLA
par Nathalie Gerbault, coordinatrice de la lecture publique pour la Communauté de Communes des Bertranges, membre de la Commission international de l’ABF et de l’équipe de direction des Nouveaux professionnels de l’IFLA

Le congrès de l’IFLA 2025 à Astana au Kazakhstan vu par les participant·es boursiers du CFIBD et de la Bpi.

Leur nom sonne comme un boys band des années 90 et, pourtant, rien à voir : les NPSIG (New Professionals Special Interest Group) de l’IFLA ont pris leurs quartiers d’été à Astana au Kazakhstan, avant et pendant le congrès mondial des bibliothécaires (WLIC).

Les Nouveaux professionnels, ou l’histoire de jeunes – et moins jeunes – bibliothécaires qui se réunissent avec un objectif commun : partager des pratiques professionnelles, oser l’impossible, apprivoiser l’échec. Chez les NPSIG, la solidarité est le maître mot et l’accueil, une religion. Quelques jours avant le congrès, ils proposent l’IFLAcamp : un événement gratuit et ouvert à tous, qui se déroule sur deux jours. C’est un moment toujours très apprécié car accessible, vivant et pratique. La gratuité n’est pas un détail : pour des bibliothécaires du pays d’accueil, c’est une occasion de participer à un événement international sans avoir à payer les frais d’inscription au congrès.

Les événements des Nouveaux professionnels sont toujours participatifs et comportent une part d’improvisation maîtrisée. Le principe initial de l’IFLAcamp est d’être un « non-congrès » (unconference) : aucun thème n’est imposé, les participants viennent avec les sujets qu’ils ont envie d’aborder et un vote détermine le planning des discussions. De la même manière, lors du « Skillcamp », certains participants enseignent aux autres en 30 minutes une compétence proposée à l’avance.

Cette année, une discussion spontanée s’est créée avec les bibliothécaires hôtes autour d’une thématique qui n’avait pas été prévue : comment créer un réseau de bibliothèques au Kazakhstan, dans un territoire où la superficie dépasse cinq fois celle de la France et où la lecture publique commence tout juste à se développer. Les idées fusent et les discussions s’animent pour aboutir à une proposition généreuse, qui caractérise ce supplément d’âme propre aux NPSIG : lancer un appel à contribution auprès de collègues des quatre coins du monde pour aider les bibliothécaires kazakhes à recueillir des ressources et structurer leur projet. Le chantier est en marche, le retroplanning se précise, et le groupe reste objectif : on sait que ce sera peut-être un échec, mais l’enthousiasme restera intact.

Car le slogan des NPSIG pourrait bien ressembler à la célèbre réplique des Shadoks « en essayant continuellement, on finit par réussir, donc, plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ». On pourrait ajouter « Ceux qui croient que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient ».

Tout cela pourrait sembler assez punk par rapport à la bureaucratie policée de l’IFLA… et pourtant, ça fonctionne : les NPSIG viennent de remporter cette année un Dynamic Unit and Impact Award dans la catégorie « Quality and Impact of the Work ». La réussite est de mise et l’enthousiasme est célébré : une belle récompense à contre-courant.

Publié le 27/08/2025 - CC BY-SA 4.0

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