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Habiter à nouveau la Bpi

Malgré les contraintes liées au respect des règles sanitaires, la bibliothèque relève le défi pour ouvrir à nouveau ses portes aux publics.
Photographie de Sylvie Bonnel souriant
Sylvie Bonnel ©Bpi 

La Bpi a rouvert depuis le 6 juillet après plus de 3 mois de fermeture liée aux mesures gouvernementales instaurées pour lutter contre la pandémie de la Covid-19. Le public est-il au rendez-vous?

Oui ! Le public est là, mais évidemment moins nombreux que d’habitude : depuis la réouverture, nous accueillons en moyenne 1 500 usagers par jour au lieu des 4 à 5 000 en période habituelle…Les recommandations sanitaires imposent une réduction de moitié de la jauge. Et, comme dans les autres lieux culturels recevant du public (je pense aux cinémas ou aux musées), la fréquentation reprend progressivement.

Pourquoi était-il important de rouvrir la Bpi? 

Nous préparons depuis plus d’un mois la réouverture de la bibliothèque en lien avec les représentants du personnel. C’est un travail d’ampleur qui a mobilisé une grande partie des services. Si pendant le confinement nous avons pu tisser un autre lien avec une partie de notre public grâce aux ressources numériques, la réouverture redonne du sens à notre travail en l’inscrivant à nouveau dans son entité physique.
Nous voulons réaffirmer notre identité. Nous sommes un lieu. Notre mission est d’accueillir tous les publics.
C’est essentiel d’ouvrir à nouveau la Bpi concrètement, en conservant les horaires habituels, avec la contrainte de réduction par deux de la jauge et les contraintes sanitaires qui sont aussi rassurantes pour les publics et pour les agents.

Quelle organisation a été mise en place?

Des ajustements ont été nécessaires pour mettre en oeuvre la réduction de moitié du nombre de places et éviter une file d’attente peu compatible avec les règles imposées par le contexte sanitaire. Nous avons été contraints de mettre en place un système de réservation de créneau d’entrée. Le système de réservation est mixte :   il est obligatoire de 12h à 15h à partir du 20 juillet ( à l'ouverture l'obligation durait jusqu'à 18h), l’entrée est libre ensuite jusqu’à 22h dans la limite des places disponibles. Ainsi les personnes qui ne sont pas équipées de smartphone ou d’ordinateur avec imprimante peuvent entrer après 15h et réserver sur place, auprès des bibliothécaires, un créneau d’entrée pour le lendemain. 
D’autre part, ces quelques jours d’ouverture nous ont permis d’affiner notre organisation afin de maîtriser, par exemple, l’étendue de la file d’attente avant et après contrôle lorsque les créneaux de réservation ont atteint leur quota.

Le public habituel de la Bpi est-il au rendez-vous? Les personnes non connectées y ont-elles trouvé leur place?

Les étudiants, qui sont majoritairement connectés et très actifs sur les réseaux sociaux (ils nous interrogeaient fréquemment sur la date de la réouverture) sont bien revenus.
Le public dit “du champ social” est en partie présent : le premier jour, nous avons distribué près de 50 réservations manuelles sur la centaine prévue pour les personnes qui ne peuvent pas réserver en ligne. 
Sans doute certains n’ont-ils pas encore eu connaissance de la réouverture, et nous craignons aussi que, pour certains de nos publics les plus précaires, la crise sanitaire ait pu être désastreuse voire fatale.  
Nous avons prévenu de notre réouverture les associations implantées dans le quartier qui oeuvrent dans le champ social afin qu’elles relaient l’information, et dans la mesure du possible, distribuent des masques (ils sont obligatoires pour entrer à la Bpi en vertu du décret du 31 mai 2020) ou impriment des réservations… Cependant, nous avons bien conscience que les publics les plus précaires ne vont pas toujours vers ces associations. 
Les personnes âgées non précaires mais non équipées ont bien compris les nouvelles règles et viennent librement à 18h puis demandent un ticket d’entrée pour le lendemain. 
Le service Études et recherche de la Bpi est présent dans la file d’attente et dans les espaces de la Bpi pour observer les publics, les interroger, noter leurs pratiques. Un mini questionnaire a été élaboré. Les résultats nous éclaireront plus finement sur les publics présents lors de la réouverture.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de la préparation à la réouverture?

Suite aux dernières recommandations éditées par le ministère en lien avec les associations professionnelles, le protocole de mise en quarantaine n’a finalement pas été mis en place, ce qui facilite considérablement l’accès aux collections. Seule la presse est mise à disposition 24h après sa réception. 
Les aspects logistiques liés à la crise (pose de parois plexiglass, produits claricides, marquage au sol, etc.), fort éloignés de notre métier, ont été très chronophages.
Notre plus grande difficulté est sans doute notre manque d’expertise en termes de règles sanitaires, conjugué à l’évolutivité constante de la situation. Les avis des experts que l’on suit au fil de leurs conclusions, liées à la fois à l’évolution de la situation et à la connaissance du virus, sont parfois changeants et l’avenir reste incertain.

Quelle signalétique a été mise en place au sein des espaces de la bibliothèque?

Nous avons choisi de proposer des affichages en français, en anglais, et sous forme de pictogrammes, ainsi que des annonces sonores régulières. Les consignes générales sont doublées par des consignes particulières en lien avec chaque bureau. L’usage dira si cette abondance informationnelle est efficace ou pas. 

Quelle ambiance règne dans la bibliothèque depuis sa réouverture?

La préparation de la réouverture au public, comme le plan de reprise d’activité précédemment, a fait l’objet de nombreux échanges entre la Direction et les représentants du personnel. Le plan de réouverture a été adopté à l’unanimité en CHSCT. Les équipes ayant effectué du service public depuis la réouverture ont fait remonter quelques dysfonctionnements (comme la difficulté à entendre les demandes des usagers à travers les parois en plexiglas) mais, dans l’ensemble, les retrouvailles avec le public sont sereines et les usagers très heureux et reconnaissants de pouvoir, à nouveau, “habiter la bibliothèque”. Cet accueil est au coeur de notre vocation. La réouverture à demi-jauge permet une sérénité appréciable, bien que nous ayons hâte de voir à nouveau les 2100 places de la Bpi occupées par nos usagers !
photographie de l'espace presse avec une personne masquée travaillant sur écranà côté d'un affichage en anglais expliquant les consignes sanitaires
©Bpi
 
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