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Retour du congrès de l’IFLA 2019 : focus sur des pratiques inspirantes de services dédiés aux publics multiculturels

Mathilde Servet, l'autrice de cet article, est l'une des deux professionnelles ayant bénéficié d'une bourse co-financée par la Bpi et le Cifbd pour se rendre au Congrès de l'IFLA.
Cet article a été publié par Livres Hebdo dans le cadre du dossier consacré au congrès de l’IFLA, qui s’est tenu à Athènes (Grèce) du 24 au 30 août 2019. La Bpi co-finance avec le Cfibd deux bourses pour les professionnels de lecture publique : Marlène Dallet (Montreuil) et Mathilde Servet (Ville de Paris) ont participé au congrès de l'IFLA.​

Il existe une section à l’IFLA, « Library services to multicultural populations », qui s’intéresse à la reconnaissance et à la promotion de collections et de services s’adressant aux minorités linguistiques et culturelles. Sa démarche épouse la vision du monde anglo-saxon, dans lequel on n’hésite pas à proposer des ateliers spécifiques en chinois ou en pachto, là où les bibliothèques françaises essaient de mêler les publics le plus possible dans leur offre de médiations. Pour la première fois lors du Congrès d’Athènes, elle a instauré un prix de la meilleure initiative de l’année.

Quatre projets étaient en lice ! Un premier projet scandinave, verdensbiblioteket, donne accès un vaste corpus de ressources digitales (livres, films, musique) en cinq langues: arabe, perse, tigrinya, somali et croate. Le second projet, LIB(e)RO, concerne l’Autriche, l’Allemagne et la Grèce. Il a pour ambition de contribuer à l’inclusion des réfugiés mineurs ou de jeunes adultes migrants, en mettant à leur disposition un espace d’apprentissage informel et chaleureux à la bibliothèque. Via une plate-forme de formation tout au long de la vie, ils peuvent accéder à nombre de modules, leur permettant d’apprendre de nouvelles compétences, la langue de leur pays d’accueil et de se familiariser avec sa culture. Des bibliothécaires et des partenaires sociaux les accompagnent dans ce processus.

Le troisième projet a été expérimenté dans l’Ouest du Bangladesh où vivent 40 tribus autochtones parlant 20 langues différentes et ayant chacune ses propres traditions et usages. Afin de répondre aux besoins de ces communautés, plusieurs initiatives ont été mises en place : communication de documents et ateliers d’alphabétisation, d’accès à l’information dans ces langues ; préservation, diffusion du patrimoine culturel et des savoirs traditionnels ; actions favorisant la compréhension entre les communautés ; bibliobus ; sensibilisation aux questions de santé.
 
Le dernier projet, ECHO, met à disposition de 9 camps de réfugiés dans Athènes et alentour, un bibliobus et des médiateurs qui leur fournissent des livres dans leur langue. En fédérant les membres des communautés autour de lectures et de moments conviviaux, il leur permet de retisser du lien social. Il contribue aussi à l’apaisement de conflits et à la résolution de problèmes se posant aux réfugiés, vivant dans une extrême précarité. Le prix a été décerné à cette courageuse initiative ! 
 
Portrait de Mathilde Servet
Mathilde Servet© DR
 
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