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Quelles « nouvelles » pratiques du don de livres pour répondre aux besoins des jeunes lecteurs africains dans les bibliothèques ?

Cette conférence interrogeait nos pratiques professionnelles et notre rapport aux pays du Sud par l’étude des opérations de dons de livres issus du désherbage des bibliothèques occidentales.
Car en activant des mécanismes de solidarité basés sur une vision misérabiliste des pays en voie de développement, ignorants des réalités économiques et culturelles locales, le don a souvent des conséquences catastrophiques sur l'économie du livre comme sur le développement de la lecture publique, en Afrique sub-saharienne ou ailleurs.

Souvent envoyés sans concertation avec la structure accueillante, ces ouvrages sont inadaptés aux besoins des publics bénéficiaires : parce qu'éloignés de leur quotidien scolaire ou de leur culture, ou parce que la langue dans laquelle ils sont écrits n'est pas la leur.

Ces donations peuvent également peser lourdement sur les budgets de ces structures, qui se retrouvent parfois obligés de payer des frais considérables d'acheminement de marchandises. Elles réduisent, voire anéantissent, leurs budgets d'acquisition ; les tutelles objectant aux bibliothécaires du Sud l’arrivée massive d’ouvrages venus du Nord. Enfin, elles empêchent les chaînes du livre locales de se développer et de prospérer, puisque éditeurs et libraires souffrent de cette concurrence déloyale.

L’objet de cette communication était d’offrir une réflexion sur les effets pervers de ces dons et de proposer une révision de la « Charte du don de livres » publiée par l’Unesco, en s’appuyant cette fois-ci sur l’expertise des professionnels du Sud : contextes culturels et linguistiques, besoins des publics et des structures bénéficiaires, professionnels locaux doivent désormais être pris en compte.
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