Les Optimistes

Sortie en salles le mercredi 29 avril 2015

Cette sympathique histoire, qui se déroule dans un paysage de neige et de confortables maisons en bois, introduit le spectateur dans l’univers chaleureux de quelques retraitées norvégiennes. Ces femmes se sont investies depuis de nombreuses années dans l’organisation et la gestion collective d’une équipe de volley-ball et la réalisatrice est la fille de l’une d’elles.
Photo du film Les Optimistes
Les Optimistes © Jour2fête
L'avis du bibliothécaire

Le froid qui règne dans ce pays proche du Grand Nord n’empêche ni la bonne humeur, ni la bonne volonté. Bien au contraire, il semble qu’il favorise la longévité, qu’il préserve des trop lourds soucis de santé et qu’il forge un mental d’acier. Et il en faut du mental, lorsque la plus jeunes des sportives (66 ans) met sur la table un projet de compétition. Il s’agirait pour l’équipe féminine des « Optimistes » d’aller rencontrer les « Canonniers » suédois.
 
Quelque part en Suède, deux équipes de volley-ball vont donc s’affronter dans un match certes amical, mais néanmoins acharné. Événement somme toute banal, s’il n’y avait deux ou trois ingrédients pour le pimenter, comme la traditionnelle frilosité des rapports de voisinage entre la Suède et la Norvège, la tout aussi épineuse question des relations homme-femme, et, bien sûr, l’âge avancé, voire carrément canonique, des participants.
 
Construit sur l’idée que l’optimisme soulève des montagnes, le film accompagne la métamorphose des copines de jeu en redoutables adeptes de la gagne. La caméra enregistre scrupuleusement le parcours sportif qui impose une nouvelle rigueur, un respect strict des règles de jeu et le regard critique d’un coach national. Entre ces moments d’entraînement, les membres de l’équipe sont filmées dans leurs intérieurs, où elles vivent le plus souvent seules, étant pour la plupart veuves. C’est là que l’on découvre les petits et les gros soucis de l’existence, qui vont de la nostalgie pour la cuisinière à boutons au cancer dont on veut limiter la progression pour ne pas en mourir, car on ne se reconnaît pas dans cette maladie. Comme dans un film de Woody Allen, on s’amuse bien, mais l’envers du décor ne se laisse pas complètement oublier. La mort est là, proche, pourtant personne ne va pleurer, tout le monde va sourire et rire, car les vieilles dames sont fières d’être les héroïnes d’un film, fières de représenter leur pays dans un match international et d’être toujours sur la brêche. Ni inutiles, ni passéistes, ni grincheuses, mais optimistes et vivantes.


Rappel

Les Optimistes, de Gunhild Westhagen Magnor, production Skofteland Film AS, Mantaray Film, 2014, 1 h 26 minutes.
Distribué en salles par Jour2fête