Cendres

Sortie en salles le mercredi 10 juin 2015

Une bouleversante traversée entre la France et le Japon, entre les années soixante et aujourd’hui. Les cinéastes ont accompagné au plus près le périple d’Akiko, partie déposer les cendres de sa mère Kyoko dans son pays natal, près d’Hiroshima. Dans ses bagages, un autre héritage : le journal intime de sa mère, et les images des films dans lesquels elle apparaît. Le documentaire retrace avec intensité et délicatesse ce trajet initiatique d’Akiko, écrivant avec elle un autre journal intime, celui d’une franco-japonaise qui se réapproprie son histoire et celle de sa mère. Pour mieux renaître de ces cendres.
Photo du film Cendres
Cendres © Simbad Films

L’avis du bibliothécaire

Les années soixante ont vu se rapprocher culturellement la jeunesse occidentale et la jeunesse japonaise : on a pu observer des deux côtés des engagements révolutionnaires étudiants ; la pop star John Lennon a rencontré l’artiste d’avant-garde Yoko Ono ;  les cinéastes de la Nouvelle vague ont parfois introduit dans leurs films des personnages japonais.
La narratrice de ce film, Akiko, nous parle de sa mère, Kyoko, qui fut actrice dans le film de Jean-Luc Godard Made in USA (1966), aux côtés d’Anna Karina, de Jean-Pierre Léaud, et de Marianne Faithfull. La mère s’était installée à cette époque en France, où elle avait rencontré et épousé un réalisateur de films documentaires, Pierre-Yves Gaisseau. Personnalité originale, Kyoko manquait de chaleur pour sa fille.
Akiko, vivant entre deux cultures, à l’ombre de la forte personnalité de sa mère qui avait fait exploser le cadre étriqué de sa vie au Japon, a du mal à trouver sa place et choisit de s’installer au Japon. Mais là-bas, sa famille maternelle n’est plus dans la transgression radicale propre aux années 1960 qu’avait vécue Kyoko. C’est à un univers petit bourgeois qu’est confrontée Akiko, qui médite avec mélancolie sur la difficulté d’être la fille d’une mère brillante et d’appartenir à deux cultures dans un monde si conformiste. Portrait intimiste réussi, le film est aussi une réflexion douce-amère sur l’identité culturelle.

Rappel

Cendres, de Mélanie Pavy et de Idrissa Guiro, production Simbad Films, 2014, 1h 15 minutes
Distribué en salles par Docks 66