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Audiodescription : une séance de cinéma accessible

Pour la quatrième année consécutive, le festival Cinéma du réel, en collaboration avec le service lecture et handicap de la Bpi, a proposé une séance spéciale accessible aux personnes aveugles ou malvoyantes.

L'audiodescription


Audiodécrire c'est traduire un film en une œuvre uniquement sonore, radiophonique, à l'usage des malvoyants et de tous ceux qui ont envie de vivre l'expérience de se laisser bercer par un film devenu pur son, fabrique d'images mentales. Un film à regarder les yeux fermés. C'est réussir par les mots à créer une variante fidèle du film où tout ce qui n'est pas perceptible ou compréhensible à l'oreille est décrit. Le film est bien évidemment aussi projeté et l'audiodescription audible via un casque. 
Cette année, c'est le film Green Boys, présenté en sélection officielle française du festival, qui a été montré pour la première fois au public en présence de sa réalisatrice Ariane Doublet. Cette projection a été suivie d'un débat. 

L'audiodescription a été réalisée pour l'occasion par l'association les Yeux-Dits grâce au soutien financier du Fonds Handicap et Société.

Contrairement aux années précédentes, deux solutions sont proposées pour profiter de l'audiodescription : l'application GRETA disponible gratuitement pour android et apple et l'accès classique par le biais d'un casque infrarouge, prêté en début de séance.

L'application pour téléphone portable Greta permet de télécharger librement des audiodescriptions et des sous-titrages de films pour les personnes à déficience visuelle ou auditive. Ces dernières peuvent ainsi se rendre dans n'importe quelle salle en même temps que tout le monde, et vivre une expérience  cinématographique d’une manière totalement autonome.

Plus d'infos : Greta et Starks
 

Le film 

visuel du film
©D.R.

Green Boys, Ariane Doublet,  2019, France, 71 min, couleur

 C’est une histoire de rencontre, une histoire d’amitié. Au milieu des champs de lin et des pâturages avec vue sur la mer, dans le Pays de Caux, Louka 13 ans et Alhassane 17 ans, jouent au foot, pêchent à l’épuisette, montent aux arbres, se donnent des leçons de choses. Alhassane vient de loin, Louka est d’ici mais tous deux semblent être apparus là dans le paysage instantanément, chacun a sa manière réincarnation du petit prince de Saint-Exupery. Jour après jour ils s’apprivoisent et au rythme de l’amitié qui se noue, construisent une cabane. La cabane c’est celle que l’on bâtit en Guinée, le pays d’Alhassane, et plus que le refuge de leur enfance, elle est comme un bout d’Afrique posée là à flan de colline. Les promeneurs qui passent sur le chemin semblent y venir en voyage. Dans la cabane, Alhassane ne veut pas dormir la nuit. Il a peur des diables. Louka lui n’y croit pas. Mais ce qui les sépare les lie tout autant que ce qui les réunit. Cette histoire de petits princes, l’un à l’orée de l’adolescence l’autre au bord de l’âge adulte, est une histoire mise en scène avec douceur, cadres ouverts sur l’horizon, plans qui s’étirent dans le décor paisible d’une ruralité qui semble échapper à toute violence. Moment précieux, filmée comme hors du temps, cette amitié qu’Ariane Doublet conte avec délicatesse, n’est pas tant porteuse d’espoir, elle apparaît plutôt comme une parenthèse enchantée.
–Catherine Bizern
 
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