0   Comments

L'accueil des publics déficients visuels à la Bpi

Enquête exploratoire menée auprès des habitués des loges en mars-avril 2013 par Sophie Bobet-Mezzasalma, sous la direction de  Christophe Evans (Service Etudes et Recherche) et Hélène Deleuze (Service de Coordination de l’Accueil-Mission Handicap).

 

Loge Bpi
 

En un clin d'oeil :

Objectif de l’étude

• Recueillir des données sur les usages des publics en situation de handicap visuel qui fréquentent une bibliothèque ; et plus particulièrement sur celui de la Bpi dans le contexte du projet de réaménagement prochain des espaces ;

• Interroger l’offre en termes d’accueil, accompagnement, équipement, formation, accès aux services et aux collections, dédiés ou non ;

• Réfléchir en outre à de nouveaux axes de développement de ce public.


Rappel des données quantitatives disponibles
Entre 2008 et 2012, on enregistre près de 50% de réservations en moins. Paradoxalement, le niveau se maintient de 2008 à 2009, mais c’est le nombre des annulations qui augmente significativement. Baisse régulière entre 2009 et 2011 du nombre total de réservations. Légère reprise en 2012 (1112 contre 1094 réservations effectives pour l’année précédente). En moyenne, les lecteurs passent plus de 3h dans les Loges.



Méthodologie
Afin de mieux cerner les problématiques inhérentes à l’accueil des publics en situation de handicap visuel, des entretiens ont été menés auprès des responsables de services adaptés dans différentes bibliothèques en France. Cette démarche a constitué un préalable à la réalisation du guide d’entretien. Pour l’enquête exploratoire proprement dite, il a été décidé de procéder à une enquête qualitative, afin de laisser la parole aux utilisateurs de ces services. 12 entretiens semi-directifs ont été réalisés. Une réunion du groupe de guides référents de la Bpi, sous la direction d’Hélène Deleuze, chef du service de la Coordination de l’accueil, a également permis de recueillir un certain nombre d’observations. Il avait également été envisagé d’organiser un focus group (groupe de discussion) auprès de publics potentiels (étudiants de Sciences-Po, membres de la Fedeeh), et contact a été pris. Il sera sans doute intéressant, dans un second temps, de recontacter ces usagers possibles dans le cadre de la politique de communication de l’établissement.

Principaux résultats

• La Bpi offre aujourd’hui un dispositif apprécié des usagers, souvent à la recherche d’un espace de travail. L’accueil rencontré au bureau d’Information Générale, l’équipement spécifique proposé dans les loges adaptées, le fait que cet équipement soit situé à proximité de l’entrée ainsi que la formation technique possible auprès d’un spécialiste constituent les principaux atouts de ce service. Le système des guides bénévoles permet également aux personnes qui le souhaitent de bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Les usagers font part cependant du manque de publicité autour des Loges adaptées, service souvent connu par le « bouche à oreille ». Ils souhaiteraient que l’information soit davantage diffusée, notamment pour les étudiants auprès des missions Handicap des universités, ou des réseaux associatifs.

• Mais ces représentations – fréquenter une bibliothèque, être un usager comme un autre – entrent souvent en tension. Ainsi, si l’accueil est ressenti très positivement par la majorité des personnes interrogées, celles-ci témoignent en même temps d’une certaine ambivalence de l’établissement à leur égard : le service est valorisé mais en même temps il n’y a pas ou peu de présentation des offres de collections existantes (musique, textes parlés, logiciels d’autoformation, etc.), cette présentation est souvent restreinte au seul espace des loges. La délégation de certaines missions auprès d’un service de guides bénévoles semble également poser problème pour elles. Pour résumer, les personnes interrogées dans le cadre de cette enquête désirent être traitées comme n’importe quel usager …mais d’une manière spécifique du fait de leur handicap.

• Cette interrogation sur la place réelle des usagers en situation de handicap visuel au sein de la bibliothèque traduit plus généralement leur ambivalence sur la place qu’ils occupent parmi les autres ; ce que l’on retrouve dans leur façon de vivre leur handicap et de considérer leurs relations avec les autres. La problématique des « contacts mixtes » apporte ainsi une perception très nuancée sur le concept d’« accessibilité universelle ».

• Enfin la perspective du changement à venir à la Bpi est vécue dans l’ensemble de manière négative et constitue une réelle source d’angoisse à prendre en compte : que ce soit par rapport à la suppression des loges elles-mêmes, la possibilité de leur remplacement par un dispositif semi-ouvert, non centralisé, ou le changement des modalités d’entrée dans la Bpi.

Pour accéder à l'étude complète, cliquez ici

Captcha value: