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Nouvelles parutions 2015 en français

Le cinéma documentaire indépendant en Chine, un documentariste engagé Avi Mograbi, les relations croisées du réel et de la fiction, le cinéma documentaire en RDA pendant la Guerre froide, les questionnements autour du film sur l'art : ces thèmes très diversifiés sont abordés dans une sélection d'ouvrages récemment publiés.
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©Stocklibdmstudio
  • Pernin, Judith. Pratiques indépendantes du documentaire en Chine : histoire, esthétique et discours visuels (1990-2010). Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015. (Le Spectaculaire)

Les films de Jia Zhangke ou Wang Bing sont aujourd’hui familiers des cinéphiles mais au début des années 1990, l’apparition des documentaires indépendants représente une véritable rupture dans l’histoire du cinéma chinois, s’inscrivant en réaction au documentaire de propagande d’Etat. Leur émergence traduit une conception nouvelle du documentaire d’abord par l’enregistrement direct puis par le mode de production, l’esthétique, la forme et les sujets abordés… Emancipés des institutions officielles de production et de distribution du documentaire, ces films prennent une nouvelle fonction en circulant dans les espaces non-officiels. En examinant les pratiques de ces cinéastes, cet ouvrage révèle la diversité des styles au sein de ce mouvement qui promeut une esthétique fondée sur l’enregistrement de l’expérience subjective et la mise en scène de l’émotion. Contient une filmographie par année et nom de réalisateur (1991-2010).



 
  • Mograbi, Avi. Mon occupation préférée : entretiens avec Eugenio Renzi. Les Prairies ordinaires, 2015
Avi Mograbi est connu comme documentariste engagé, du côté de la gauche israélienne, pour la paix et la fin de l'Occupation en Palestine. Ses films ont été sélectionnés dans les plus grands festivals internationaux. Mon occupation préférée est le fruit de plusieurs rencontres avec le cinéaste en des lieux différents : la première a lieu à Venise, en 2008 à l’issue de la projection de Z32 ; trois ans plus tard, on le retrouve à Paris où il évoque sa jeunesse, son engagement et ses premiers films : Déportation, La Reconstruction, Comment j’ai appris à surmonter ma peur et à aimer Ariel Sharon. En 2013, Mograbi vient de terminer Dans un jardin je suis entré, son intervieweur et lui en discutent à Tel-Aviv. On les retrouve ensuite dans la voiture d’Avi Mograbi sur la route 433, dite « Apartheid road », en direction de Jérusalem et dans les Territoires occupés où la conversation sur le cinéma reprend sous l’influence des lieux traversés et de l’histoire d’Israël. Le cinéaste revient sur des films tournés à la veille et au lendemain de la deuxième Intifada : Happy Birthday, Mr. Mograbi, Août, Pour l'un de mes deux yeux.

Mon occupation préférée montre à la fois l’itinéraire d’un grand cinéaste, inventeur de formes, dont les films sont à mi-chemin entre art vidéo et cinéma documentaire et l'histoire d'un homme qui, dans son œuvre, ne cesse de dénoncer les raisons de l'Occupation.

Ecouter un entretien avec Avi Mograbi par Laure Adler sur France-Inter, le 4 juin 2015
http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-hors-champs-en-israel-avi-mograbi-2015-06-04

Un entretien avec Avi Mograbi sur le site Débordements le 25 juillet 2013
http://www.debordements.fr/spip.php?article206
 
  • Documentaire et fiction, Allers-retours, coordonné  par N.T. Binh et José Moure, Les Impressions nouvelles, 2015. (Caméras subjectives)


Cet ouvrage réunit des entretiens avec huit cinéastes qui ont l'expérience conjuguée de la fiction et du documentaire. Solveig Anspach, Julie Bertucelli, Alain Cavalier, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Rithy Panh, Claire Simon, Agnès Varda se penchent sur le passage de l'un à l'autre, chacun ayant une approche particulière du réel et de l'imaginaire.


 
  • Moine, Caroline. Cinéma et Guerre froide : histoire du festival de films documentaires de Leipzig, 1955-1990, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014. (Histoire contemporaine)

Ce livre sur le festival international de films documentaires de Leipzig s’inscrit dans le cadre des études socio-historiques qui s’intéressent actuellement à la RDA, devenue un champ d’enquête très dynamique.
Créé en 1955, le festival de Leipzig est une des rares institutions culturelles de la RDA à continuer à exister après la chute du régime. Pour expliquer cette longévité, l’histoire du festival est abordée de façon chronologique ce qui permet de mieux comprendre les évolutions et la complexité de cette manifestation qui fut, à la fois, un lieu de mise en scène officielle, contrôlé par le régime de Berlin-Est, mais aussi un moment unique de rencontres et d'échanges, de circulations transnationales.
Grâce à un large corpus de sources accessibles depuis la réunification (archives écrites, films documentaires et entretiens), l'ouvrage fait revivre les crises comme les succès du festival, où se croisèrent des cinéastes du monde entier, tels Joris Ivens, Chris Marker, John Grierson ou Patricio Guzmán. Une attention particulière est accordée aux films qui sont étudiés dans leurs dimensions aussi bien esthétique, politique que sociale, offrant ainsi une perspective comparative nouvelle sur le cinéma documentaire, européen et non européen, des années 1950 aux années 1980.
À travers l'histoire du festival de films documentaires de Leipzig se dessine ainsi une histoire culturelle de l'Europe du temps de la Guerre froide, au croisement de dynamiques complexes, entre Est et Ouest, Nord et Sud. Contient un index des films analysés.

Consulter une analyse du livre :
Droit Emmanuel, « Caroline MoineCinéma et Guerre froide. Histoire du festival de films documentaires de Leipzig (1955-1990), Paris, Publications de la Sorbonne, 2014, 454 p., ISBN 978-2-85944-788-5. », Revue d’histoire moderne et contemporaine 1/2015 (n° 62-1), p. 214-216 
http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2015-1-page-214.htm.
 
  • Le film sur l’art : entre histoire de l’art et documentaire de création,  [actes du colloque international tenu à l'université de Lausanne les 14, 15 et 16 avril 2011]  sous la direction de Valentine Robert, Laurent Le Forestier et François Albera. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015. (Le Spectaculaire)
L'objet de ce colloque est de questionner un genre documentaire peu étudié : le film sur l’art, notamment en considérant son apport à l’histoire de l’art. Les contributeurs font référence à des historiens de l’art d’Erwin Panofsky à Pierre Francastel, à des artistes et critiques d’art liant leurs disciplines au cinéma comme Jean Cassou et Pierre Huyghe ou à des historiens d’art se faisant cinéastes, tels Carlo Ludovico Ragghianti et Luc Haesaerts.
De nombreuses démarches sont abordées dans cet ouvrage : montrer l’artiste au travail, présenter la biographie d’un artiste disparu, sa vie intérieure, son œuvre, aborder une période ou suivre des évolutions stylistiques.
Parmi les sujets étudiés : les origines du film sur l’art au tournant du 20è siècle et son utilisation dans l’enseignement de l’histoire de l’art, la rencontre féconde entre le monde de l’art et celui du cinéma en France après la Seconde Guerre mondiale, l’étude des films réalisés par le critique d’art Paul Haesaerts, théoricien de l’utilisation du cinéma en histoire de l’art, les relations de la critique d’art au film sur l’art, les points de vue institutionnels mais aussi politiques et idéologiques. Le colloque avait aussi pour ambition de définir le genre « film sur l’art » et de réfléchir sur son hétérogénéité, tout en s’attachant à deux grandes tendances, le film sur l’art, pédagogique et le film d’art, création autonome. Les questions de la place de l’art à la télévision et des relations entre la télévision et le film sur l’art ont également été discutées lors de ce colloque. Contient la liste chronologique des films sur l’art cités.


Lire une analyse dans la revue 1895 :
http://1895.revues.org/4382


 
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