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Bibliographie

Nouvelles parutions 2016

©Stocklib/vimvertigo





Dictionnaire du cinéma documentaire, Jean-Pierre Carrier, Vendémiaire, 2016

Le cinéma documentaire, reconnu aujourd’hui comme une forme d’art à part entière, fait l’objet d’un dictionnaire. Cet ouvrage, une véritable somme, offre un large panorama du cinéma documentaire à travers plus de 500 entrées : films, réalisateurs, thèmes. De A comme Antonioni à Z comme Z32, en passant à M comme Chris Marker, F comme Fahrenheit 9/11 ou W comme Frederick Wiseman, Jean-Pierre Carrier montre la richesse de cette forme de cinéma à travers les nombreux thèmes et la manière de les aborder ainsi que dans la création de formes nouvelles. Il cherche à donner envie de voir ou de revoir des films documentaires, ces films qui « ne sont pas tout à fait comme les autres » comme disait Chris Marker.

Lire un entretien avec Jean-Pierre Carrier sur Mediapart

 
La culture de l’engagement au cinéma, sous la direction de Delphine Letort et Erich Fisbach, PUR, 2015

Cet ouvrage, issu d’un colloque organisé à l’Université d’Angers en novembre 2013, rassemble des contributions illustrant diverses manières de concevoir l’engagement au cinéma. Les contours historiques de cette culture de l’engagement sont dessinés à travers des exemples issus de contextes géographiques divers (États-Unis, France, Espagne, Afrique du Sud, etc…). Du franquisme à l’apartheid, de la ségrégation raciale aux indignés, les crises historiques appellent des actes de création. Étudiés en lien avec leurs conditions de production et de réception, les films considérés dans cet ouvrage démontrent que le cinéma demeure un lieu de résistance. Ils s’inscrivent dans un rapport de force avec le cinéma dominant, en montrant les luttes des oubliés de l’histoire. 




 
Nostalgie de la lumière, Patricio Guzman par Thomas Steinmetz. Canopé éditions, 2015

Le film documentaire Nostalgie de la lumière est au programme de l’option Cinéma et audiovisuel, en Terminale, série L (sessions 2016 et 2017).
Patricio Guzman réalise avec Nostalgie de la lumière un film très surprenant, engagé et inventif où s’entremêlent trois thématiques : l’astronomie, l’archéologie et la mémoire de la dictature de Pinochet (1973-1990) dans un seul lieu : le désert d’Atacama, au Chili.
L’étude de Thomas Steinmetz offre une analyse profonde et fine du film. Après avoir rappelé la place du réalisateur chilien dans l’histoire du documentaire et évoqué sa conception du documentaire, l’auteur situe le film dans l’œuvre de Patricio Guzman et décrit sa démarche originale et déroutante. En effet, le film n’est pas construit de façon linéaire ou chronologique mais il repose sur des analogies, des correspondances entre le cosmos, le désert et les hommes. Il mêle les témoignages d’archéologues, d’astronomes, de victimes et descendants de victimes de la dictature.
L’ouvrage analyse les principaux éléments du langage cinématographique : composition, rythme, plans, montage, musique, analyse du discours. Un entretien avec Patricio Guzman sur la genèse et les enjeux du film ainsi que sur le processus de création vient apporter un intérêt complémentaire à cette étude.


Décadrages, n°29-30 (printemps 2015) : René Vautier

La revue suisse Décadrages consacre un important dossier à René Vautier (1928-2015), grande figure du cinéma militant. Ce numéro comble le manque de travaux sur cette œuvre qui s’ancre dans la lutte contre le colonialisme. Le dossier aborde en premier lieu l’implication active de Vautier en Afrique subsaharienne avec notamment Afrique 50 puis une large partie est consacrée à ses activités filmiques en Afrique du Nord, sa lutte contre la censure et ses films d’intervention sociale. L’ouvrage contient un entretien réalisé en 2009 et une filmographie commentée.

Des suppléments sont à consulter en ligne sur le site de la revue 
 

La diversité du documentaire de création en Afrique, sous la direction de François Fronty et Delphe Kifouani, L’Harmattan, 2015

Des cinéastes et des universitaires apportent une réflexion théorique sur les nouvelles pratiques du cinéma documentaire en Afrique depuis les années 2000. La généralisation des outils numériques, le développement des formations, l’arrivée d’une nouvelle vague de réalisateurs dont une part croissante de femmes et une nouvelle représentation du réel et de la société africaine sont les éléments marquants de cette période.





 
A new history of British documentary, James Chapman, Palgrave Macmillan, 2015 

Dans son histoire du cinéma documentaire britannique des origines à nos jours, James Chapman offre une vision nouvelle mettant en avant la richesse de la production dès la période du cinéma muet alors que Grierson et le mouvement documentaire des années 1930 ont toujours été considérés comme les pionniers de ce genre en Grande Bretagne. Il considère ainsi que le film La Bataille de la Somme, 1916 (Battle of the Somme) est à l’origine du cinéma documentaire. L’étude porte à la fois sur les industries du cinéma et de la télévision et montre comment la production de films documentaires s’est adaptée à l'évolution des contextes institutionnels et idéologiques au cours des années. Cet ouvrage s’annonce comme une référence sur le sujet.

Un article sur le site Reviews in history 


 
Avant-Doc, Intersections of documentary and avant-garde cinemaScott MacDonald, Oxford University press, 2015

Scott MacDonald dessine une géographie nouvelle du cinéma où les limites entre les catégories « expérimental », « documentaire », « fiction » sont de plus en plus poreuses, indistinctes.  L’ouvrage est composé de 21 entretiens avec des cinéastes (Robert Gardner, Ed Pincus, Ross McElwee…) et des universitaires qui décrivent le cinéma comme un organisme vivant.





 
The Danish directors 3 : dialogues on the new danish documentary cinema, edited by Mette Hjort, Ib Bondebjerg and Eva Novrup Redvall, Intellect, 2014

Troisième volume d’une série d’entretiens avec des cinéastes danois, cet ouvrage s’intéresse particulièrement au cinéma documentaire avec 19 réalisateurs nés dans les années 1970. Bien qu’ayant connu parfois le succès avec des films de fiction, ils ont contribué principalement à la période d’expansion commencée dans les années 1980 dans le domaine du film documentaire et de la télévision.  Cette nouvelle génération de réalisateurs voulait moderniser l’esthétique et la pratique du documentaire. Ils sont aujourd’hui très impliqués dans la mondialisation et le développement des nouveaux medias numériques.




Green documentary : environmental documentary in the 21th century, Helen Hughes, Intellect, 2014

Depuis le début des années 2000, de nombreux films documentaires ont abordé les questions environnementales mettant l’accent sur les risques naturels et les catastrophes écologiques. Ces films ont souvent rencontré un grand succès critique et public. S’appuyant sur les travaux de théoriciens comme le sociologue Henri Lefebvre ou l’anthropologue Dan Sperber, Helen Hughes analyse des films comme Gasland, Une Vérité qui dérange (An Inconvenient Truth) ou La baie de la honte (The Cove); elle explore comment ces films peuvent apporter des réponses aux questions soulevées par le changement climatique : l’avenir des campagnes, la relation entre la santé et la pollution, les politiques de l’énergie et du climat…
Cet ouvrage souligne le rôle important que pourra jouer le film documentaire dans le débat public sur l’environnement.

Lire le compte-rendu paru sur le site Senses of cinema


Documenting cityscapes: urban change in contemporary non-fiction film, Iván Villarmea Álvarez, Wallflower press, 2015

Cet ouvrage explore de façon novatrice la manière dont la ville a été montrée dans le cinéma documentaire depuis la fin des années 1970. A travers l’analyse de 15 films provenant de six pays différents, l’auteur recherche comment un regard plus subjectif et plus proche filme les citoyens et comment le cinéma peut devenir un agent du changement urbain.

 

 
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