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Les Révoltés

Sortie en salles le mercredi 9 janvier 2019
Ouvriers, étudiants et jeunes s’opposent, en mai 1968, à la morale et au pouvoir en place. Les facultés et les usines sont occupées. Les barricades sont dressées. Les pavés sont lancés. La parole cède la place aux actes. C’est l’affrontement. Ces images nous plongent au coeur des évènements et témoignent des hommes et des femmes qui, indignés jusque-là, marchent vers leur révolution.
Photogramme du film Les Révoltés
@ISKRA

L'avis de la bibliothécaire

Des  images de bâtiments, de voitures en flammes dans un noir et blanc très sombre ouvrent le film Les Révoltés de Michel Andrieu et Jacques Kebadian. La voix off égrène : « 1964 : Université de Berkeley, Etats-Unis, 1967 : Universités de Berlin, Rome, Madrid, 1968 : Universités de Varsovie, Nanterre, Paris ». Des images qui symbolisent les révoltes étudiantes contre la guerre, contre le capitalisme qui ont mis à feu le monde des années 1960.
 
Le film commence avec la révolte des étudiants de la Sorbonne. Les étudiants occupent l’université. Ils proposent déjà de rallier les ouvriers à leur mouvement. Alternent alors des images de manifestations dans le Quartier latin, les émeutes nocturnes, les débats dans les amphis, puis à l’extérieur, les ateliers d’impressions d’affiches aux Beaux Arts, les rencontres étudiants-ouvriers aux abords des usines occupées. Les images sont sans commentaires sauf les voix off de l’époque. Le film suit la chronologie des faits du début mai à la mi-juin 1968.
Les réalisateurs veulent montrer que Mai 68 est un mouvement populaire qui rassemble la jeunesse, toutes catégories sociales confondues. Ils donnent la parole aux acteurs de la révolte : « Nous avons laissé la parole aux manifestants, aux occupants des universités et des usines, qu’ils soient étudiants, jeunes ou ouvriers. » Certains rompus à la discussion militante comme Alain Geismar, Daniel Cohn-Bendit…, d’autres pour qui c’était la première grève, la première prise de parole publique.
 
Les Révoltés n’est pas un film de commémoration. Michel Andrieu et Jacques Kébadian, témoins et acteurs de Mai 68 ont choisi de retravailler, 50 ans après, leurs images et de les mélanger à celles tournées par les groupes Medvedkine et ARC, mais aussi par William Klein et Jean-Pierre Thorn.
Les extraits de films sont brefs, sans commentaire et suivent la chronologie des faits. Le style est simple, clair et vif. Ils ont voulu témoigner de cette époque.
Jacques Kebadian militant à la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) est l’un des fondateurs en 1967 du collectif ARC (Atelier de recherche cinématographique) qui fut à l’origine de toute une série de films à caractères politique et révolutionnaire. Il rencontre Michel Andrieu à l’IDHEC et réalise avec lui Berlin 68 et Le Droit à la parole.
On découvre des images inconnues de Mai 68. Elles ont été tournées au plus près des acteurs et des faits par des cinéastes militants, des étudiants. Il y a eu peu d’images et de reportages à l’époque, la censure du gouvernement sur l’ORTF ayant empêché les journalistes de la télévision et de la radio de faire leur travail.
Le film met l’accent sur la jonction entre les étudiants et les ouvriers qui s'unissent pour demander «une société humaine, non une société de profit » comme le dit un ouvrier, tandis que les images apportent une force poétique brûlante à travers les scènes d’affrontements, de mouvements de foules immenses dans les rues de Paris.
«Nous étions déjà là avec nos caméras, présents, dès que les événements ont commencés. Mai 68 a démarré début mai et c’est devenu un flot, une marée humaine dans les rues; on filmait, mais on était portés aussi par l’émotion » Jacques Kébadian

Ce film de montage témoigne de la force du mouvement, de son énergie et de ses espoirs; sa sortie en salles après la fin des commémorations de Mai 68, coïncide avec un moment de contestation de grande ampleur dans tout le pays. Ce retour sur les événements de Mai 68 permet de mieux comprendre les défis et les enjeux d'aujourd'hui : 50 ans après, les slogans d'alors ne sont pas si éloignés de l'actualité.
 

Rappel

Les Révoltés, de Michel Andrieu et Jacques Kébadian, France, 2018, 1h22 mn
Production ISKRA
Distribution Blue Bird

Distinctions : FID Marseille 2018, Hors compétition
Festival de cine Puy ta Cuxlejaltic (Caracol de nuestra vida) 2018


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