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Les bibliothèques du Havre face à la pandémie de Covid-19

Bénédicte Frocaut répond à quatre questions sur l'organisation des bibliothèques du Havre pendant la période de confinement.
vue extérieure de la bibliothèque en forme de volcan
Bibliothèque Oscar Niemeyer, le Havre


Peux-tu nous décrire la structure dans laquelle tu travailles ?

Le réseau de lecture publique du Havre se compose d’une bibliothèque centrale (Bibliothèque Oscar Niemeyer) et d’un réseau de 6 bibliothèques, un bibliobus et 8 relais lecture.
Au total, 128 agents travaillent dans le réseau, la bibliothèque Niemeyer disposant d’une équipe de 47 permanents.

Actuellement, quelles sont les urgences organisationnelles et humaines auxquelles tu dois répondre ? Si du télétravail est mis en place, cela pose-t-il des difficultés ? Quelles sont les autres complexités auxquelles tu dois faire face ?

Concernant les urgences organisationnelles, il y a eu deux phases principales. 
La première semaine, on s’est surtout concentré sur les toutes premières urgences, à commencer par un recensement des agents pour identifier leur position (télétravail, garde d’enfants, à domicile mais mobilisables, à domicile mais non mobilisables pour raison de santé).
Il s’est aussi avéré que le télétravail n’a pas été pensé pour ce type de situation. Dans un premier temps, les collègues non dotés de postes informatiques fournis par la ville n’avaient pas accès à leur messagerie, ce qui a été heureusement réglé depuis. La difficulté d'accéder à Electre est aussi quelque peu handicapant pour les tâches quotidiennes.
Enfin, il a fallu revoir totalement le calendrier de l’action culturelle en reportant les animations prévues à court terme (automne 2020) ou plus long terme (2021), voire en annuler certaines.
La deuxième semaine, on est passé à une phase de rodage. Les collègues travaillent sur des dossiers de fond. Pour nos usagers, nous proposons des contenus sur le portail et la page Facebook de la bibliothèque. Et ça marche : nos ressources numériques n’ont jamais autant été utilisées !

Pour ce qui concerne les urgences plus émotionnelles, le confinement ayant été mis en place rapidement, nous n’étions pas totalement prêts, ce qui a pu être une source d’angoisse chez les collègues qui étaient un peu perdus.
De plus, les agents ne vivent pas du tout cette période comme des vacances offertes. Aussi, les encadrants sont très sollicités pour répondre à leurs interrogations et les aider à mettre en place une routine de télétravail.

Quelle communication avez-vous adoptée pour le public et quels services proposez-vous actuellement ? Quels aménagements ont été nécessaires ?

Nous communiquons auprès de nos usagers via le portail de la bibliothèque et nos réseaux sociaux.
Nous avons mis en place un calendrier de publication : tous les jours nous mettons en ligne des contenus créés par les collègues (lectures enregistrées, filmées), en alternant avec la valorisation de nos ressources en ligne ou d’autres contenus pour éviter la redondance.

Dès la première semaine, nous avons d’ailleurs pris attache avec nos prestataires pour augmenter le quota de films en VOD et le quota d’emprunt d’e-book de nos usagers.

As-tu un conseil à partager avec les collègues bibliothécaires en ces temps particuliers ?

Le plus important est d’être à l’écoute des collègues tout comme de les tenir informés régulièrement. Il s’agit aussi de développer son agilité pour maintenir un service de qualité. La situation actuelle nous oblige à une grande adaptabilité et une grande réactivité.  

Enfin l’essentiel reste d’avoir un bon réseau internet, sans oublier un chat, le collègue indispensable pendant le confinement !
 
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