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Le projet des identités numériques de la Bpi : un an après

A l'automne 2017, un bilan du projet lancé en septembre 2016 a été réalisé par les équipes en charge de l'animation des pages Facebook.
A l'issue de ce bilan, globalement positif, il a été décidé de péreniser le projet pour les pages Tu vas voir ce que tu vas lire et Pour une poignée de docs. Ce sujet rencontrant beaucoup d'intérêt dans les bibliothèques de lecture publique, nous nous proposons de partager ce point sur les enseignements que nous avons pu tirer de cette expérience.
 

La contribution

Le projet prévoyait une contribution collaborative coordonnée par un référent pour chaque page. Selon les thématiques, cette organisation n'a pas toujours réussi à se mettre en place.

Points forts

Toutes les personnes qui ont accepté de contribuer ont été formées et se sont emparées de ce nouvel outil de médiation numérique avec une certaine facilité.
Elles sont restées très investies dans le projet qui leur a permis souvent de découvrir une nouvelle façon de diffuser de l'information et de surmonter parfois des a priori négatifs.
​Cette expérience a été vécue comme valorisant les compétences des bibliothécaires en matière de veille et de recommandation. Par ailleurs, la charte des bonnes pratiques a été intégrée et respectée par l’ensemble des contributeurs.

Lorsque les contributeurs sont réguliers, très investis et qu'ils sont suffisamment nombreux, le projet est viable à moyens constants. Il faut cependant que les publications sur les pages Facebook soient très éditorialisées, structurées et régulières. La page Tu vas voir ce que tu vas lire a tout de suite trouvé le bon rythme, le bon ton, et réorienté ses publications en quelques rubriques bien identifiées qui représentent autant de rendez-vous pour les abonnés.

Points faibles

Pour qu'une page puisse fonctionner, il faut un noyau solide de trois ou quatre contributeurs actifs et motivés par page. Les pages qui sont portées par un seul contributeur ne peuvent perdurer car le collègue finit par s'épuiser. 
La mise en oeuvre de ces pages a montré un fort besoin en formation (surtout au début), accompagnement et suivi, surtout lorsque les contributeurs ne sont pas des utilisateurs chevronnés des réseaux sociaux. Cela implique de dédier un temps de travail à cet accompagnement au quotidien ce qui est actuellement le cas au sein du service Webmagazine. L'objectif d'autonomie ne peut être atteint tout de suite.

Le risque de ne publier que des liens de veille ou des informations de communication est important et doit sans cesse être questionné. Il est important, pour que la page fédère une communauté, de publier du contenu original, en s'adaptant bien sûr aux codes du réseau social. Par ailleurs, la mise en place de rubriques qui structurent la publication est nécessaire pour donner une identité à la page. Elle doit s'accompagner d'une programmation adaptée des posts, en termes de calendrier. Publier 3 posts à la suite est inefficace et regrettable car ils ne pourront pas trouver leur public. Publier dans des horaires inadaptés doit également être évité : l'horaire dépend du type de public que l'on vise et du type d'information que l'on souhaite diffuser (information de loisir, de connaissance, événementielle, etc.).

Enfin, pour le projet du Webmagazine, il s'avère nécessaire de renforcer le lien entre la production dans Balises et les médias sociaux.

La communication

Points forts

Les pages Facebook thématiques ont réussi à constituer de nouveaux canaux d’audience pour la Bpi et permettent une meilleure diffusion des contenus qu'elle produit ou promeut.
Autour de la littérature et du cinéma documentaire, de vraies communautés d’intérêt se sont fédérées. Un travail de contact de blogeurs ou de sites sur ces thématiques, d'échanges de liens, permet de renforcer ces communautés.

Les pages ont été présentées au public de la Bpi sur le site bpi.fr et dans le dépliant d'information mensuel Actu bibliothèque (octobre 2016). A ces présentations, s'est ajouté l'envoi de communiqués de presse pour chaque page.
Mais l'atout essentiel a été indiscutablement la campagne de publicité qui a été réalisée sur quelques semaines : en "boostant" les pages et certains posts, l'audience a ainsi pu doubler, touchant un public au-delà du public traditionnel de la Bpi. Un budget de 1500€ a été réparti sur l'ensemble des pages, leur permettant à toutes d'augmenter sensiblement leurs abonnés.

​Points faibles

Il serait nécessaire de renforcer l'information sur ces pages dans les espaces de la Bpi à travers, par exemple, des bandeaux sur les ouvrages traités, des marque-pages promouvant chaque page, une mention dans les flyers qui informent sur les manifestations, etc.
Pour continuer de toucher une audience plus large, il est nécsesaire de sécuriser un budget conséquent pour les campagnes de boost, en particulier dans le cas d'une nouvelle page comme Sitting Bulles.
Le choix d'un réseau social induit des usages, des types de publics et de publications. L'institution, lorsqu'elle s'empare de ces canaux de médiation, est tributaire des règles imposées par ces réseaux qui sont parfois difficiles à gérer (problèmes administratifs) ou contraires à ses objectifs (gratuité, usage non commercial).

L'audience

Points forts

Les pages Facebook sont en constante progression depuis le début du projet, tant au niveau de l’audience que du rythme et des pratiques de contribution. Seules les pages Balises et A l'ombre des geeks en fleurs ont eu du mal à rencontrer un public conséquent. On constate cependant une légère stagnation au 3e trimestre, essentiellement due au ralentissement des activités durant l'été. Les pages Tu vas voir ce que tu vas lire et Pour une poignée de docs ont aujourd'hui respectivement 3 870 et 2 266 abonnés. La portée moyenne est de 860 pour Tu vas voir ce que tu vas lire (qui éditorialise beaucoup son contenu) et de 460 Pour une poignée de docs (qui publie plus de liens).
Chaque page accueille en moyenne une quarantaine de posts par mois ce qui est un bon rythme de publication.

​Points faibles

La page A l'ombre des geeks en fleurs ayant rencontré plus de difficultés à trouver un public a été réorientée en une nouvelle page centrée sur la bande dessinée Sitting Bulles.
La page Balises, trop peu identifiée, a été mise en sommeil, le webmagazine ayant entamé une rénovation de sa ligne éditoriale et de son organisation interne. Elle pourrait être "réveillée" d'ici quelques mois.

Conclusion provisoire

Le succès et la solidité de la page Tu vas voir ce que tu vas lire a amené ses contributeurs à ouvrir en début d'année une page Instagram qui rencontre également un bel accueil avec beaucoup plus d'interactions avec les internautes que sur Facebook. Cependant, ce nouveau réseau social demande des compétences spécifiques sur les images, un investissement en temps non négligeable, en particulier en ce qui concerne la modération pour laquelle une attente d'instantanéité est très forte...
Enfin, la page Sitting Bulles est très récente et pour le moment encore en période d'essai !
A moyens constants, la Bpi n'envisage pas pour le moment d'ouvrir d'autres pages thématiques mais continue de porter ces trois pages qui semblent faire la preuve de leur légitimité en ayant trouvé un public fidèle et intéressé.

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