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Femmes du chaos vénézuélien

Sortie en salles le mercredi 4 juillet 2018

 

 

Au Vénézuéla, cinq femmes de classes sociales et de générations différentes dressent le portrait d’une société en perdition et nous permettent de prendre le pouls d’une population en détresse, de représenter une sorte de baromètre de la situation. 


L'Avis de la bibliothécaire

Le pays

Nicolas Maduro  a été réélu président du Vénézuéla au mois de mai malgré un taux d’abstention record. Les articles  alarmants se multiplient dans la presse internationale : on y apprend que la pauvreté touche 87% de la population, l’exode concerne 600 000 Vénézuéliens , l’hyperinflation est à 2610% en 2017 et le Vénézuéla est classé  2e pays le plus violent du monde. Crise économique (la baisse des cours du pétrole) et crise politique (le gouvernement Maduro devient de plus en plus autoritaire) ruinent et déstabilisent le pays.

La réalisatrice

Margarita Cadenas est née à Caracas, elle a exercé le métier de journaliste dans son pays puis s’est tournée vers la réalisation de films (publicité, fiction et documentaire). Elle vit à Paris. Grâce aux réseaux sociaux, Margarita Cadenas est en contact quotidien avec sa famille  restée au pays. Elle mesure mieux que personne l’écart entre la désinformation officielle  et la réalité dévoilée par ses contacts.

Cinq femmes, cinq situations

 Cinq femmes d’âge, de condition sociale et d’origine différente incarnent les difficultés de la majorité des Vénézuéliens. La réalisatrice les a choisies et suivies dans leur quotidien pour aborder les problèmes de santé, de pénurie, d’oppression politique, d’insécurité  et d’injustice. Les situations catastrophiques dévoilées par les chiffres prennent, grâce au film, un visage humain.
Kim, infirmière, est filmé pour quelques séquences à l’hôpital, en voix off, elle explique les conséquences tragiques de manque de médicaments et matériel, les choix à faire pour les soins. Eva, mère d’un jeune enfant, se charge des courses qui exigent d’aller chercher des tickets de réservation au magasin. Elle est filmée dans la file d’attente qui se forme dès l’aube. Marie-José, community manager, parle de la peur et Luisa vit un cauchemar : son petit-fils est emprisonné depuis deux ans sans  motif d’inculpation, sans jugement. Quant à Olga, serveuse, les forces spéciales de police ont sans raison et impunément forcé l’entrée de son domicile, battu les membres de la famille et abattu son fils de six ans.
A la radio,  On entend des déclarations officielles ou les réponses  aux journalistes de Maduro et de membres du gouvernement qui persistent dans le déni et le mensonge.

Des conditions de tournage difficiles

Un avis informe le spectateur : « le contrôle et la répression exercés par le pouvoir oblige chacun à l’autocensure. Quiconque s’aventure ne serait-ce qu’à filmer l’intérieur des hôpitaux, les files d’attente devant les magasins d’alimentation ou toute autre situation compromettante pour le gouvernement s’expose à de lourdes peines d’emprisonnement. » Aussi le film a-t-il été tourné avec  une mini steadicam, clandestinement, pour les scènes en extérieur. Les entretiens sont en grande partie filmés au domicile des femmes. 
Toutes ces femmes  tentent de faire face avec courage à la situation mais toutes ont des accès de découragement : la peur, l’épuisement deviennent  palpables, un tremblement dans la voix, les larmes qui jaillissent. Elles ont  pourtant accepté de témoigner, avec  beaucoup de dignité, des conditions de vie, des manques, de la douleur. Mais elles ont posé une condition : que le film ne soit pas diffusé au Vénézuéla. De nombreux festivals  l’ont heureusement accueilli : Totonto,  New York, Londres,  Amiens, entre autres. Il sera sur les écrans  en France le 4 juillet.

Rappel

Femmes du chaos vénézuélien, de Margarita Cadenas
2018 - durée 1 heure 23 min - Production MC2 Production - Distribution Sophie Dulac Distribution

Femmes du chaos Vénézuélien (2018) - Bande-Annonce from Sophie Dulac Distribution on Vimeo.
 

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