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Cinéma du réel 2018

La 40e édition du festival Cinéma du réel s'achève après dix jours intenses. Une traversée cinématographique qui a permis au jury du Prix des bibliothèques de visionner de nombreux films. Assortie d'un achat de droits par le Catalogue national de la Bpi, l'œuvre primée pourra être diffusée dans les bibliothèques abonnées à la plateforme numérique Les yeux doc.
 

Composé cette année de Julien Farenc, chargé de collection au Département de l'Audiovisuel de la BnF, d'Isabelle Schnaebele, en charge de la vidéo adulte des Médiathèques de Besançon, de Jeanne Leblanc, responsable du secteur "Image et Son" à la Médiathèque d'Ivry-sur- Seine et de la cinéaste Sarah Srage, le jury a assisté à une vingtaine de séances : soit l'ensemble des films sélectionnés en compétition internationale. Au moment de notre rencontre, le voyage n'est pas encore terminé et le choix final pas encore arrêté. Un peu de fatigue, mais surtout beaucoup d'enthousiasme se lit sur les visages de ces quatre passionnés, à qui nous avons demandé de nous livrer leurs impressions à quelques heures de la délibération.

Rencontres

Visionner ensemble, confronter son point de vue, échanger : la première étape de cette aventure,c'est d'abord la rencontre entre des membres du jury qui doivent très vite se forger une ligne commune pour réussir à faire émerger un lauréat. Réunis après chaque séance, ils s'attachent à débriefer rapidement, faisant circuler la parole et argumentant le plus finement possible, qu'ils aient particulièrement aimé ou au contraire très peu aimé le film.

Choisir : un exercice difficile

Comparer des films très différents est un travail ardu. Tous les quatre soulignent à quel point choisir est un moment profondément injuste. Attentifs à l'idée de distinguer un film pour ses qualités et ses singularités, ils précisent qu'aucun film n'a été laissé au bord de la route dans cette discussion qui s’est poursuivie jour après jour : « une chose que nous nous sommes dite tout de suite c'est qu'il fallait, au moment où nous allions choisir notre film, ne pas tomber dans le consensus mou, ne surtout pas choisir le film qui ne déplaît à personne. Nous pensons tous que c'est une mauvaise manière de primer un film. Nous préférons favoriser un film qui enthousiasme certains et pas du tout d'autres, plutôt que primer un film qui ne susciterait aucun réel engouement. »

Un festival multiforme, une expérience marquante


En cette fin de festival, tous relèvent la diversité des sujets et des formes proposées cette année et nous livrent ce qu'ils retiennent de ce moment privilégié : 

"C'est un moment où l'on découvre la production récente de documentaires et ça c'est génial parce que nous avons peu de temps pour le faire dans l'année. C'est aussi un travail d'éclaircissement de notre propre pensée en compagnie d'autrui ce qui est très formateur, passionnant et sympathique. " (Jeanne Leblanc)

"La discussion autour d'un film est vraiment un travail de co-création car même si nous avons nos propres idées, discuter avec les autres permet de les éclaircir, de les confronter, de les faire évoluer. Et puis il y a cette acuité toute particulière à voir les films qui est incomparable, cette acuité qui ne se retrouve pas quand on va à une séance ordinaire de cinéma, c'est une forme d'engagement totalement singulier." (Julien Farenc)

"Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est pouvoir découvrir la production cinématographique récente et variée et la possibilité d'écouter mes camarades : une expérience vraiment riche pour le travail futur." (Isabelle Schnaebele)

"Pour moi ce moment était une expérience assez dense et une rencontre avant tout. Je suis cinéaste et je ne suis pas bibliothécaire, du coup je me demandais comment allait se passer la rencontre avec des cinéphiles et non des cinéastes. Et finalement le regard se construit à la fois dans la confrontation et dans la convergence. C'était un moment passionnant." (Sarah Srage).

Palmarès

Le Prix des bibliothèques est attribué au film Rêver sous le capitalisme de Sophie Bruneau (2017, Belgique, 63’). Mention à Au-delà de l'un/ Beyond the one d’Anna Marziano (2017, France-Italie-Allemagne, 53’)

Merci au jury et à leur secrétaire Livia Lattanzio
 
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